Les Gabiers de Paris 1
   L'association de voile de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Coupe de France des Etudiants 2003

18-19 janvier, La Rochelle

Quelques jours avant on connaissait à peine la composition de l’équipage; quelques jours après, entrecoupés de coups de fils et d’un peu d’organisation, nous nous retrouvions tous à la gare de La Rochelle après un voyage plein d’entrain. Une mise au point efficace appuyée de croquis pas toujours très clairs et les postes pour le lendemain étaient répartis et -presque- synchronisés. L’aventure des Gabiers, version 2003 prenait son souffle, pour une saison pleine de projets, pleine de promesses.

Bref, ce sont finalement six compères et compéresses, Benjamin (à qui on a attribué le pompeux titre de chef de bord et l’honneur de barrer), Jessica (la jumelle pour une fois solitaire reprenant son poste de prédilection, celui de tacticienne), Blaise et Paul-Henry (deux embraques de choc qui s’entrechoquent), Marc (le benjamin, il est de 84 le jeunot, au piano) et Marine (fidèle au poste de numéro 1, celui où on est sûr d’être bien trempé et bien crevé), qui se sont retrouvés dans une piaule d’auberge de jeunesse. Après un accueil chaleureux et de plaisantes retrouvailles avec les habitués du genre, un petit verre au Ship (l’incontournable bar rochelais) et plein d’étoiles dans les yeux...

Le classicisme de l’organisation de la Coupe de France Etudiants n’a pas failli aux règles: petit déjeuner matinal avec quelques effluves alcoolisées provenant des équipages voisins, inscriptions et prise en main du bateau, le tout toujours un peu dans le bordel et une presqu’entraide chère aux marins.

Le programme du jour: trois bananes (parcours tactiques d’environ une heure). Juste pour se souvenir, l’équipage a rassemblé les points forts du week-end: Benji et le bateau comité, qu’il avait une fâcheuse tendance à vouloir aller embrasser, sur les bons conseils de Jessica, qu’il oubliait parfois de suivre à la lettre. Pas encore le culot pour, t’inquiètes Ben, ça viendra, bientôt tu gueuleras aux autres qu’ils n’ont pas d’eau. Si, si, je te le jures ! Et donc bien entendu, le pauvre Ben toujours, pris en sandwich entre les ordres, évidemment contradictoires de l’avant (abats, mais abats putain) et de l’arrière (mais loffe, allez loffe, on a dépassé la bouée). Bref, on l’a assez souvent dit, les filles à bord c’est pas du gâteau. N’empêche qu’au final on a bien rigolé, on n’a -presque- rien cassé, et on a mine de rien progressé... Alors, c’est pas si grave. Mais bon, on n’oubliera pas non plus les intenses déjeuners au son des cinq minutes de départ: on n’a pas vraiment eu le temps de s’en remettre entre chaque manche, d’où les résultats peu encourageants au premier regard. Conclusion: on pouvait amputer les mains de Marco entamées par les écoutes et drisses en tout genre, on était tous bien cassés car le vent avait bien soufflé, on était affamés et on a mal mangé mais on avait un sourire qui faisait plaisir.

Le deuxième jour, on a préféré (enfin oublié) ne pas prendre le départ pour ne pas arriver à la traîne sur la première manche: ce qui nous a permis d’envoyer quelques manœuvres et de mettre à plat la navigation. Il faut dire que ça allait un peu mieux après, alors que Blaise a découvert la plage avant en portant assistance à Marine perdue avec son spi. Et pour couronner ces deux jours, n’oublions pas de témoigner de ce fameux parcours côtier, le dernier où un rayon de soleil est venu illuminer les pertuis rochelais à la courte ondée, soufflés par une légère et délicieuse brise qui nous a menée à une belle seconde place... de disqualifié. Mais bon, au moins là on a navigué devant tout le monde (disqualifié aussi, bien entendu, sinon c’est pas drôle), même si on n’est pas vraiment allés chercher la bonne bouée. Ca arrive, n’est-ce pas ? Et puis au moins on a ouvert le bal. Beau bal d’ailleurs, où ceux qui nous suivaient docilement sont passés à quelques centimètres de l’étrave d’un cargo, pas très content ! C’est également lors de ce parcours, que nous avons inventé de toutes pièces, que les garçons ont pu apprécié le côté Sioux de Jessica, debout, scrutant à l’horizon les adonnantes. Fascinante, la femme Sioux. Et très belles les manœuvres. Bref, on est repartis les plus heureux du monde, malgré notre petite 11ème place. L’important c’est de participer, c’est de naviguer propre, et c’est deux choses qu’on a bien fait !

 

1er-2 février, La Grande Motte

Neige sur toute la France, météo apocalyptique sur la Méditerranée: la décision de partir n'a vraiment été prise qu'au dernier moment. Mais finalement, on a bien fait de croire jusqu'au bout à la belle navigation sous le soleil, avec un vent soutenu, juste ce qu'il faut !

7 équipages sont engagés sur cette étape, courue sur Sprint 95. Météo de samedi: vent force 5-6, mer pas trop formée, grand soleil. La préparation des bateaux prend un peu de temps, mais nous partons très vite pour un premier parcours tactique. L'équipage prend doucement ses marques, bon départ en 4ème position, bonne remontée; puis les bateaux amorcent la descente, sans spi. Et, alors que nous pensions ne pas naviguer à cause de la météo, c'est finalement un problème matériel qui nous met des "bouts dans le safran": rupture des coulisseaux de grand-voile, les petits éléments qui retiennent la voile au mât. Nous terminons quand même le deuxième tour (4ème), mais après une tentative de réparation sur l'eau, nous sommes contraints d'être forfait pour la deuxième manche du jour, un parcours côtier.

Même grand beau temps dimanche, mais avec un peu moins de vent, qui ne cessera de faiblir jusqu'à une quasi pétole. La journée commence par un parcours tactique, plus disputé dans la mesure où les conditions permettent l'envoi du spi. Très sûrs de nous (!), nous réalisons un départ bâbord, risqué puisqu'en cas de route de collision nous devrons manoeuvrer pour céder le passage. Cela passe très bien. Les choses se corsent pour la première descente, puisque c'est le premier grand test spi: celui-ci s'effectue très cafouilleusement, l'envoi du spi à l'intérieur du foc l'empêchant curieusement de se gonfler... l'arrivée sera encore plus intéressante: un spi en drapeau, un foc faseyant, un tangon dans l'eau, et une 4ème place manquée d'une demi longueur...

L'équipage ne se laisse pas abattre. Le vent ayant molli, le deuxième parcours tactique est l'occasion d'étrenner un génois flambant neuf. La manche s'annonce beaucoup plus tactique et en effet, dès la première remontée nous gagnons quelques places. La descente s'effectue à merveille, puisqu'ayant tiré les leçons de la première manche, envoi-empannage-affalage de spi s'effectuent sans problème. L'observation du plan d'eau nous permet aussi de découvrir où se trouve la veine de vent, de nous sortir ainsi de la pétole, d'optimiser le dernier tour et de terminer la manche à la deuxième place !

Il ne restait plus qu'à confirmer. Le troisième et dernier parcours tactique du week-end en sera l'occasion. Le départ est un peu plus disputé et les bateaux restent groupés pendant le premier tour. Mais visiblement le "coup de la veine de vent" a échappé à nos concurrents, ce qui nous permet de passer la marque au vent en deuxième position, de nouveau. Et l'on en restera là, le parcours ayant été réduit! Nous rentrons donc plutôt satisfait de ces deux derniers résultats, même si nous échouons à la 4ème place, à 1 petit point du troisième... Les manoeuvres bien passées et la tactique bien pensée nous laissent un sentiment de réussite: "que du bonheur !"

 

15-16 février, Cherbourg équipage féminin

Le rendez-vous est pris. Les filles embarquent pour de nouvelles aventures !! 16h, place du Panthéon, 5 filles se retrouvent bien décidées à obtenir des résultats. Loréana, Jessica, Marion, Amélie et Caroline se rendent à Cherbourg pour une CFE dans la grande rade. A 20 heures, Paris 1 a envahi les lieux puisque seuls nos équipages sont arrivés. Après un apéritif entre nous, quelques unes ont décidé de partir se restaurer et découvrir l’architecture si propre à Cherbourg…. Après des arrivées échelonnées et une nuit agitée (l’ISC n’a pas manqué à sa coutume de venir réveiller l’équipage), notre première journée s’achève.

7h30: Tout le monde debout !!!!!!! Motivé, en forme, l’équipage féminin de Paris 1 est prêt à faire des exploits. 8h30: le petit déjeuner est servi au yacht club, on parle déjà tactique et réglages ! 9h30: découverte des bateaux. Nous retrouvons avec grand plaisir notre cher Class 8; mais très vite on s’aperçoit qu’il n'est pas en bon état et on ne parle même pas des voiles ! C’est décidé, il en faut plus pour nous démotiver, on prépare le bateau avec entrain et on part enfin du ponton après avoir attendu longtemps, très longtemps, un stick et des voiles. Ca commence mal, avant même le premier départ nous transformons une de nos jumelles (Loréana) en Quasimodo, celle-ci décidant de se refaire le menton en tombant bêtement…Mais on ne prend pas ça pour un signe puisque nous avons toutes touché la poupée porte bonheur de Caroline. Premier départ: Jessica ne change pas, grâce à son sens tactique nous prenons un très beau départ sur un parcours banane très court. Sous génois, on a un peu de mal à border notre voile d’avant (courage Marion !!) mais on marche bien et l’on se place d'emblée à la deuxième place, position que nous garderons jusqu'à la ligne d’arrivée. Le parcours étant petit, nous décidons collégialement de ne pas envoyer le spi. La descente au portant est tout de même très belle. Encore quelques efforts et c’est la ligne d’arrivée nous sommes fières de nous, l’équipage tout en cherchant ses marques fait de bons résultats et c’est ce qui compte ! Entre deux manches: Aïe Aïe Aïe , ça se complique. Après avoir pris la décision de changer notre génois contre un solent nous restons bloquées car il est impossible d’enlever notre voile ni même de la remonter. On appelle donc le comité pour qu’il vienne nous aider mais il est trop tard, nous ratons la deuxième manche, on est déçues mais toujours pas battues, on reste concentrées. Deuxième manche: nous sommes donc disqualifiées. Troisième manche: Celle-ci se déroule très bien; nous partons dès le début sur un très beau bord de près puis, au portant nous restons sans spi, et c’est finalement à nouveau la seconde place que nous obtenons !!! Pour un équipage qui se rôde et qui n’a jamais navigué ensemble c’est plutôt très encourageant, et énervant pour ceux qui s’entraînent régulièrement.

Nous étions déçues de l’équipement de notre bateau à cause du mauvais tour qu’il nous a joué mais finalement lorsqu’on a regardé autour de nous sur le plan d’eau et qu’on s’est aperçu qu’il y avait deux Surprises qui avaient démâté, un dont les haubans ont lâché, on s’est dit que le nôtre était, après quelques réflexions tout de même, en pas trop mauvais état. Peut-être était-ce juste un problème d’organisation………. Rentrées au port, nous sommes un peu fatiguées mais le fameux dîner du samedi soir nous attend. Pour un fois le repas est bon mais le vin ne faillit pas à sa réputation d’être imbuvable et joue un sacré tour à la deuxième jumelle (Jessica). Un petit tour dans un bar et tout le monde au lit, il faut être en forme pour le lendemain.

Grâce aux défauts de l’organisation nous nous octroyons une bonne nuit de sommeil puisque nous ne naviguons que l’après-midi dans « la poule or ». 13h, départ du port, toujours sur Class 8, pour deux manches un peu plus longues que la veille ce qui nous permet d’envoyer le spi. Comme ça, Amélie a travaillé un peu quand même; et elle l’a très bien fait il faut bien l’avouer, nos envois de spi ont été magnifiques !!! Cette fois-ci comme il y a l’équipage « qui a de belles vestes » (EBS) nous finissons les deux manches en troisième position, mais on sert les dents jusqu’aux résultats car les filles de Montpellier disposent de temps compensés très avantageux. Malgré tout, elles n’arrivent pas à nous passer devant au classement général et nous conservons notre troisième place !!! Nous sommes très très fières de nous !!! Le retour s’effectue donc dans une douce atmosphère de victoire mais avec un petit goût de pas assez, vivement la prochaine fois, en espérant qu’on navigue un peu plus cette fois-ci.

 

15-16 février, Cherbourg équipage Gabiers

Nous ne nous étions encore jamais rencontrés mais le rendez-vous était fixé! Audrey, Benoît, Paul, Blaise et Erika, pour nous cinq, départ à 14h57 gare St Lazare. Dans le train, 1er briefing -et oui, qu’est ce que vous croyez !- l’équipage des Gabiers ne perd pas de temps ; distribution des postes, nous voilà parti. Je tiens à préciser que l’entente fut tout de suite excellente. Se concerter pour les courses ne fut même pas nécessaire, une évidence. Menu du soir : fisher, kro, pain, pâté, camembert, si on avait su…1ère surprise : hébergement sur la plage, le week-end commençait bien. Réveil 7h00, déjà ? Ok, 7h45. Petit-déj, occasion de retrouver les équipages quittés quinze jours auparavant, d’envisager la journée à venir. Nous apprenons que nous naviguerons sur un surprise, chacun prend ses marques à bord et nous voilà partis, -les derniers-, direction la rade ou, soyons francs, direction la digue ! Si, je vous jure ! La régate commençait bien, surtout que nous perdions déjà notre manivelle dans la manœuvre. Nous ne sommes pas les seuls à l’avoir perdu au cours de ce samedi, il y en a eu 4! Nous étions simplement les premiers! mais finalement, ces petits désagréments se sont avérés plus que minimes vu la tournure des événements sur l’eau. Nous devons d’ailleurs avouer que cela nous a servi au classement puisque nous nous sommes qualifiés pour la poule d’or. Etant le seul surprise rentré "entier" au port, nous le céderons le lendemain aux "Filles à bord" ; si certains sont rentrés avec des bateaux démâtés, nous rentrions, quant à nous, avec des doigts gonflés... et content de nos performances, plus que honorables. Nous n’aurons pas navigué beaucoup ce samedi, mais il y avait match de rugby ; donc, rendez-vous au ptit mouss ; là-bas, il y a de la bière et la télé! La soirée fut plutôt sympa, toutefois, nous retiendrons que notre chambre sentait vraiment le pâté, merci les mecs! Il est tard mais on s’en fiche, le lendemain c’est grasse matinée pour la poule d’or. Après cette douce nuit, nous sommes tous impatient de naviguer même Blaise, qui semble ce matin avoir une fois de plus, très "mal aux cheveux". Côté nav, le dimanche se déroulera sur Class 8, encore une bonne journée, et ce, même si nous ne naviguerons que deux manches. Le spi n’a pas "claqué", on n'est pas 1er, mais pas non plus derniers et on rentre... avec notre manivelle! Chacun d’entre nous gardera un merveilleux souvenir de ce week-end CFE, on en a pris plein les yeux, plein les poumons, plein le coeur... que du bonheur !

 

1er-2 mars, La Trinité équipage Filles et Coach!

Gare Montparnasse, il est 19h05 lorsque nous partons en direction d’Auray. Dans le train, nous ne sommes pas au complet. Seul Margot, Loreana, Paul, Marc, Benjamin et moi sommes partis le soir. Les autres sont déjà sur place ou sont en route. Dans le train, nous apprenons chacun à nous connaître un peu plus, nos voisins participent plus ou moins activement à nos conversations. Une jeune fille qui a participé à l’Edhec lorsqu’elle était étudiante nous fait part de son expérience. Un petit vieux, apparemment conquis par le charme et l’accent colombien de Loreana, nous raconte sa vie... Après 28 mns de retard et deux minutes d’avance sur un remboursement bien regretté, nous arrivons à Auray. Très vite, nous nous retrouvons seuls sur la place de la gare. On se dit que Caro ne va pas tarder. Trois bons quarts d’heure plus tard, elle ne tarde effectivement pas à arriver accompagnée de sa jumelle et trésorière Amélie "number one". Petit passage éclair au Flamingo a Carnac et direction dodo. A la pension, les histoires de disponibilité des lits nous conduisent à dégager les affaires des militaires des piaules, nous le regretterons. En plein milieu de la nuit, ils débarquent bien en forme pour retrouver leurs affaires. Pour ma part, la lumière violemment allumée me fait monter le moutarde au nez. Et puisque ni les jumelles ni Guillaume n’ont bougé, je m’y suis collé. J'ai tenté de leur faire comprendre qu’ils étaient un peu lourds et que ce serait sympa de crier moins fort. Cependant, je n’ai pas insisté me doutant bien qu’ils n’étaient pas prêts à venir me border et me chanter une berceuse : la féminité de Géraldine hors d'elle a fini par les faire... fuir!

Lever 7 h du mat’. Après avoir évité de planter la voiture de Caro qui a eu la chance de se garer a côté d’un trou, nous partons pour la SNT. Petit dej', briefing pour les skippers et direction les pontons. A peine arrivé sur le plan d’eau on démarre la première manche. Les postes sont les suivants : Loreana à la barre, Jessica à la tactoche, Guillaume à la grand voile, Lionel et moi (Matthieu) à l’embraque, Caro au piano et Marion et Amélie en numéro un et deux. La première régate est un peu brouillon. On n'a aucun automatisme, ni repère, les virements de bords sont limites et les envois de spi sont bien bordéliques, il faut l’avouer. On fait 6. Deuxième manche, Marion et Lionel échangent leur poste. C’est vrai que deux nanas à l’avant avec le vent qu’il y a, c’est pas facile. Un mec balaise à l’avant ça aide ! D’ailleurs, le résultat se fait sentir puisque les manœuvres passent mieux. Loreana nous fait quelques frayeurs en passant à 50 cm (oui oui j’ai bien dit 50!) derrière un bateau qui était tribord. Lorsque, un peu paniqués, nous lui crions "euh, fais gaffe !", elle nous répond avec une sérénité et une assurance parfaite: "eh, je connais mon bateau!", personne ne bronche. Après s’être bien battu, on fini 7. Là on se dit qu’on va se prendre une petite pause pour grailler. Que dalle! Allez hop, on enchaîne direct! Au briefing des skippers, "Les Filles à bord" clamaient vouloir naviguer au maximum. Elles ont été servies mais l’avenir nous montrera qu’elles y ont laissé des plumes… (désolé je taille un peu). La troisième manche est beaucoup plus disputée. Apparemment, tous les équipages commencent à se rôder à ses gros bateaux que sont les JOD 35, nous aussi. On emmêle pas mal le tangon dans les écoutes de génois (c’était un beau bordel) et on perd deux places. Jessica saute à l’avant pour aider et se paye le luxe de faire un magnifique vol plané! On fini 7. Quatrième manche, on est tous très chaud et affûté comme jamais, on est au taquet, on sent que les efforts ne vont pas tarder à payer. Eh bien on est content d’apprendre qu’on va se payer un "côtier"! L'équipage est moyennement enthousiaste. Jessica attrape les Instructions de Course et planche dessus comme si elle révisait ses partiels, avec sérieux. Pas grand chose à dire mis à part que ce fut long, qu'hormis les jumelles personne n'a vu la bouée de dégagement et qu’on s’est pris un bon grain sur la tronche. Seul moment sympa : l’arrivée. On fait un super bord de portant sous spi sur lequel de nombreux équipages n’osent pas envoyer la bulle (ouhhhhh, les petits joueurs!!). L’arrivée se fait juste à l’entrée du chenal de La Trinité sous spi, alors que nous sommes quasiment au près. "Les Filles à bord" (encore!) nous collent au cul, on les scrute pour regarder si elles nous rattrapent. Là, Loreana, quelque peu agacée, pousse un petit coup au lof et les envoie se faire déventer un coup leur spi, et tac! A bientôt les filles! Loreana fière d’elle (elle peut) se gratifie d’un petit sourire taquin qui voulait dire : je vous ai bien b…euh grillé. A moins que ce ne soit : bah alors, vous ne voulez pas jouer??? On fini 6. On rentre au port bien crevé. On se fait remarquer par une arrivée au moteur bien foirée qu’un gentil skipper nous termine tellement on est des quiches. On essaye de contacter Activoile pour les petits incidents techniques, en vain. D’ailleurs, Caro, si tu veux, leur numéro est marqué sur les taus : 06-12-94-74-07!! Douches ultra rapides et dîner dans la salle municipale. L’EMIA est là, l’ISC aussi, donc tour de chansons paillardes... Puis traditionnel discours chaotique (encore plus que d'habitude) du Fillot de l'organisation. Les heures passent, les uns vont se pieuter, les autres prendre un coup au Carré pendant que... Benoît et Blaise vont faire la teuf, jusqu'à quatre heure du mat'! Eh oui, toujours en forme ces deux là!

le réveil est très, très dur. Direction SNT et p’tit dej' et tout le tralala. Pour notre part, on doit changer notre grand voile, écoper et jouer à Mac Gyver... On quitte le ponton bien àla bourre et du coup on enchaîne sans attendre la cinquième manche du week-end. Les manœuvres s’enchaînent beaucoup mieux que la veille, ça fait du bien de voir que l’on fait du travail (à peu près) propre comme dirait un skipper qui doit avoir mal aux cheveux d’ailleurs. La spécialité des jumelles est devenue l’arrivée à la bouée après le bord de portant. On arrive à l’intérieur de la bouée, dans un trou de souris, Loreana siffle pour dire à tout le monde de dégager, Jessica gueule un petit coup, et hop! Salut tout le monde, on en gratte deux! Malheureusement, on se fait doubler au dernier moment à 30 cm près! On fini 6. Sixième manche : on manque de se prendre un bateau qui se trouvait scotché en travers de nous en plein sur la ligne de départ. On passe de justesse (encore 30 cm) coincé par un autre JOD sous le vent. A la fin du premier bord de près, on est bâbord et l’EBS, tribord amure, approche devant nous. Et là… On vire sous leur vent à deux mètres d’eux. Ils gueulent, sortent leur drapeau de réclamation alors que les jumelles s’en tapent royal! Finalement, on ne les rattrape pas et on fini derrière eux à la 5ème place, on progresse! Septième et dernière manche : que du bonheur! On fait un départ canon, dans les quatre-cinq premiers, mais on se tient tous dans un mouchoir de poche. Sur le premier tour, on a du mal à se défaire de nos adversaires. C’est alors qu’arrive le dernier bord de portant. On est au coude à coude avec le bateau de Polytechnique. On commence à loffer pour les sortir de l’axe de la bouée et les envoyer voir ailleurs si nous y sommes. Leur skipper nous lance d’un air bien innocent "eh, soyez fair play, qu’est-ce-que vous voulez?". Il faut savoir qu’il ne faut pas la jouer fair play avec les jumelles et tenter de les amadouer. Elles détestent ça et elles ont bien raison ; on est en course et donc on ne se fait pas de cadeaux. Loreana répond donc à cela : "je veux du vent!" Elémentaire mon cher Watson! On les envoie bien au lof sur 50 m puis on reprend notre cap. Là, ils nous rattrapent et nous passent devant. C’est là qu’on donne un coup de barre au lof pour passer à leur vent. Ils tentent bien évidemment de jouer au même jeu que nous en essayant de nous pousser au lof à leur tour. Et là, c’est le summum. Jessica ose leur répondre qu’ils n’ont pas le droit de faire ça : "maintenant vous devez garder le cap de la bouée, vous n’avez plus le droit!" Elle crie tellement fort et avec tant d’assurance dans le ton qu’ils sont apparemment étonnés et n’osent pas nous faire chier un peu plus. Mal leur en a pris, on loffe un petit coup histoire de prendre de la vitesse, on frôle leur tangon de spi. Persuadés qu’on les a touché, ils demandent une réclamation inutile. La manœuvre marche puisque l’on prend de la vitesse et on les dépasse d’un seul coup. On abat tranquillement après et hop! On s’est fait Polytechnique et avec de la classe s’il vous plait! On enroule la bouée et on passe la ligne d’arrivée à la 4ème place sous les applaudissement du comité, eh oui! On arrive au port avec une manœuvre presque parfaite (oui c’est moi qui l’ai faite et non ce n’est pas la modestie qui m’étouffe!). Loreana s’amuse à envoyer le spi façon drapeau en berne dans les haubans du bateau voisin pour le faire sécher. D’ailleurs le bateau d’à côté est celui que "les Filles à bord" ont défoncé. On range, on éclate le camembert et le pâté puis on va à la remise des prix, 5ème au général, c'est raisonnable!

Conclusion, on s’est bien fait plaisir et pour un équipage de filles avec trois mecs, il me vient à l’esprit cette célèbre chanson de Jacques Dutronc : "j’aime les filles de Paris 1, j’aime les filles…" ; alors que pour certaines, il doit leur venir à l’esprit la chanson de Gainsbourg "des p’tits trous, des p’tits trous, encore des p’tits trous...". Sans rancune "les Filles à bord", ça arrive (presque) à tout le monde, c’était juste pour taquiner un peu. Retour à Paris en train pour la plupart, petit "blind test" musical dans le train et on rentre chez nous des souvenirs pleins la tête.

 

1er-2 mars, La Trinité équipage Gabiers

Vingt-quatre équipiers, trois bateaux, "Pari Ain" débarque en force sur ce quatrième week-end de qualification de la Coupe de France des Etudiants. Après des arrivées en ordre dispersé, des pizzas celtes, quelques bières et une nuit plutôt courte, ainsi qu'agitée pour certains d'entre nous ("Moi j'bastonne, ouah! J'bastonne!"), tout le monde se retrouve dans les locaux de la Société Nautique de la Trinité pour un petit déj' café-brioche-confiture-thé. Huit Gabiers parisiens vont embarquer à bord d'un joli Jod 35 répondant au doux nom d'Atlantic Blues. Après un inventaire efficace, mais comme toujours laborieux (paradoxe de la voile!), l'équipage éponyme de notre association se rend sur le pland d'eau et... c'est parti!

Conditions très (très) bonnes, vent force 4-5, quelques rayons de soleil, un peu de mer. Parés à défendre nos couleurs face aux treizes autres bateaux, nous sommes tous à nos postes. Benoît à la barre, à sa droite (ou à sa gauche, ça dépend de l'amure...) Géraldine, équipière grand-voile, Erika et Blaise à l'embraque, Margot au piano (ça rime, mais on n'a pas fait exprès...). Le cockpit est complété par Audrey, la virevoltante équipière multi-fonction. Sur la plage avant, pas de "numéro un", ni de "numéro deux", mais deux "un et demi" sans expérience de ce poste, Paul et Marc, ça promet. Mais revenons à nos moutons (attention, jeu de mots!), Atlantic Blues rejoint avec son équipage joyeux et motivé la ligne de départ...

Première manche ... départ groupé, nous ne sommes ni devant, ni derrière, c'est déjà pas mal. L'équipage se rôde, mais le rappel est déjà actif et le skipper (Benoît) est déjà "dans sa barre". Résultat, malgré une première descente sous spi quelque peu pénible, mais grâce à deux très belles remontées au près, nous finissons ces deux premiers tours à une inattendue huitième place, très contents de nous.

Deuxième manche. Techniquement cette manche se déroule bien mieux que la précédente, mise à part une coordination catastrophique sur le second affalage de spi, mais, paradoxalement, nous ne finissons qu'onzième, à la traîne. Le vent ayant légèrement forci, nous choisissons le foc ORC à la place de l'inter par lequel nous avions déjà remplacé le génois pendant la manche précédente. Ces manoeuvres sont rapidement effectuées sous les yeux légèrement abrutis de Géraldine, retour de gastro oblige, et dans un univers peuplé des mignons bruits de succion produits par l'ingestion des berlingots amicalement fournis par l'organisation.

Troisième manche. Nous réalisons une manche propre. Oui, mais pourquoi terminons nous à nouveau à la onzième place? Il y a une explication simple à cela. Confrontée à la légère montée en puissance du vent, l'ensemble de la flotte a réduit sa toile (sauf les très forts, mais eux... ils sont très forts). Certains ont choisi l'option "petite-grand-voile", c'est-à-dire qu'ils ont pris un ris, d'autres l'option "petite-voile-d'avant". Mais en fait, il y a les autres et nous... Alors, nous avons beau réduire les écarts au portant, quand on avance pas au près... Voilà, c'est simple, c'est propre et nous nous en mordons tous les doigts. A peine la ligne d'arrivée franchie, nous sommes de nouveau parés à repartir, mais avec des voiles adaptées cette fois. Mais à l'annonce du parcours suivant, un côtier, nous décidons collègialement de rentrer au port afin de mettre fin à l'agonie de Géraldine qui n'en finit plus de souffrir... "Hé! Mais t'as pris un acide ou quoi?!" Nous finissons cette journée à la onzième place, organisés et contents. Tout le monde s'est fait plaisir et nous sommes tous au point pour le lendemain. Objectif, gagner deux places au général, l'EMIA est neuvième, alors forcément, ça motive

Cinquième manche. Dimanche matin, l'équipage est au grand complet, tou va bien. Tout le monde ayant été relativement matinal, le comité de course peut rapidement lancer la première manche de la journée. Premier constat... nous ne sommes pas dedans, déconcentrés? Pas réveillés? En tout cas rien ne marche et c'est même carrèment l'apocalypse sur la plage avant. Nous finissons la manche à la dixième place. Pas fiers de leur prestation, Paul et Marc se reconcentrent et s'organisent, on déconne plus maintenant! Les deux dernières manches du week-end seront un pur bonheur.

Sixième manche. Bon départ, virements de bord fluides, gestion optimale du spi (embraques et acrobates en harmonie complète) et choix judicieux du département tactique du bord se traduisent par une belle huitième place. Notons simplement que l'intégralité de l'équipage s'est baignée avec enthousiasme alors que nous voguions tranquillement et que surgit la phrase qui tue: "Heu... tu l'as vu celui-là?" Virement de bord catastrophique pour éviter de justesse la collision et bain généralisé!

Septième manche. Une nouvelle manche de toute beauté, nous terminons pour la première fois dans la première moitié du classement, à la septième place. La fin de la journée sera faite d'inventaire, de nettoyage, de pliage, d'attente du loueur, de sommeil et de restauration à base de pain, Lions, Princes, pâté et camembert, dégôuts et des couleurs dirons certains...

Au final l'équipage "Paris I - Gabiers" termine dixième, avec le sourire! La navigation fut splendide et les manoeuvres propres (en général en tout cas...), du pur bonheur. Nous retiendrons les cris jubilatoires de Benoît au portant, l'agonie de Géraldine, les coups de tangons, les chutes, les analyses tactiques, les douches et bains forcés à l'eau de mer, mais aussi est surtout la bonne humeur, l'entraide et la motivation de l'ensemble de l'équipage! Repus de fatigue, la tête pleine d'images, le corps de bleus et les méninges d'idées, les Gabiers de Paris I ont qualifié deux bateaux pour la finale, va y avoir du sport!

 

15-16 mars, Port Haliguen Quand les Filles de Paris 1 donnent du fil à retordre aux garçons…

Un week-end qui restera gravé dans la mémoire des Gabiers. Après les quatre manches qualificatives pour la finale de la Coupe de France Etudiants, 10 équipages pour 8 écoles et 1 université et surtout deux bateaux de Paris 1. Le week-end promet d’être grand. Partis de Paris vers 17h, nous embarquons vers Port Haliguen en voiture ou plutôt en camion version colonie de vacances, une première bordée étant partie plus tôt dans l’après-midi pour faire l’inventaire des bateaux et les convoyer vers Port Haliguen. Dans le « van », tout le monde se raconte ses expériences voile et les exploits ou autres anecdotes des autres week-end CFE. On arrive vers 23h à Puerto Haliguen (désolé mais à force d’être avec les jumelles, je parle un peu le franco-espagnol). Ceux qui sont déjà sur place semblent bien chaud, l’apéro ayant eu lieu dans les chambres. Certains sont fatigués, d’autres partent en excursion à La Rhumerie de Quiberon. Charlie, Marc, Lionel, Antoine, Loreana, Jessica, Paul (ou coca) et moi (Matthieu) retrouvons les filles de l’ISC autour de pichets de planteur. Pendant que les filles de l’ISC parlent sous-vêtements de chienne (selon leurs propres termes), nous parlons de voile comme toujours et Charlie nous fait part de quelques ragots CFistes… Après quelques verres, l’ambiance commencent à chauffer. Et comme disait Marc, le planteur fait son effet. Nous rentrons jusqu’à l’hébergement. Là, on fait les mecs super délicats en réveillant tout le monde dans les piaules. Au bout de 20 mns, on va se coucher.

Samedi, le réveil est très dur surtout qu’on a tous caillé pendant toute la nuit. La vue de nos chambres est celle de la baie de Quiberon ensoleillée et déjà bien ventée, la journée s’annonce belle. Après une bonne douche chaude, départ pour la SNQ (Société Nautique de Quiberon) pour le petit dej’. Dans le camion, les jumelles ont investi les deux places avant pour passer leur musica : Bacilos avec Caraluna fait un tabac, rien de tel qu’une musique rythmée pour se réveiller. Nous arrivons sur les pontons. Notre bateau a pour figure de proue une superbe rose coincée dans le chaumard, elle nous portera chance. Pendant que Charlie prépare nos sandwichs avec amour, les autres préparent le bateau (avec amour aussi). La première manche est très vite envoyée. Le problème majeur est que nous n’avons pas de haut-parleur extérieur et en plus le comité envoie les régates sans la VHF, uniquement aux drapeaux. On prend le départ de justesse, sans trop avoir de repères. Dès cette première manche, on se cale bien dans le peloton de tête. Il y a pas mal de vent et on est sous grand-voile haute et ORC. Le bateau tient bien, on finit 3ème sans trop forcer, non vraiment. Pour la deuxième manche, on prend un départ pourri complètement à l’arrache. On part bâbord amure et on se remet tribord juste après avoir franchi la ligne d’arrivée. Finalement on garde notre place dans les premiers. Les virements de bord commencent à être « propre » comme dirait Benoît. Les envois de spi aussi sont corrects même s’ils sont toujours un peu lents. Même chose que pour la 1ère manche, on finit à la 3ème place. Pour la troisième manche, on se dit qu’on va peut-être changer de voile car le vent molli comme prévu. On décide d’envoyer l’inter, cela va nous coûter cher au final. Le changement de voile d’avant effectué, on prend un super départ, dans les temps cette fois. Dès le premier bord de près, on se rend compte que l’on se fait méchamment gratter par les autres bateaux. Notamment l’ESTP qui est sous génois nous pique la 3ème place. On n’ose pas changer de voile pendant le bord de portant de peur de merder l’envoi et de se retrouver encore plus derrière. L’ESTP nous gratte, on finit 4ème et on perd donc 1 point qui nous sera fatal au classement final. Tout le monde sur le bateau commence à être fatigué. Caro, Charlie, Marion et moi avons super mal au bide a cause des filières lorsque l’on est au rappel. Amélie et Benoît ne se plaignent pas. C’est alors que le comité décide d’envoyer un côtier. Quelle joie ! ! ! On est tous super content évidemment, surtout les jumelles. Néanmoins, on avait préparé le matin les parcours en faisant des tracés sur les cartes et Benoît et Jessica se sont occupés des caps. On sait ce qu’on doit faire. Avant d’envoyer la manche, on hisse le génois pour ne pas se faire avoir une deuxième fois. C’est parti pour le bord de près le plus long de toute ma vie. Finalement le côtier c’est tranquille. Au rappel, ça discute pas mal. On parle des filles de l’ISC et des filles à bord avec Charlie, bref des discussions de mecs ! Pendant ce temps, les jumelles bossent et bien d’ailleurs. On est juste derrière l’EBS mais on n’arrivera jamais à les rattraper. Le bord de portant est long mais très agréable, on garde nos distances avec nos suiveurs et on reprend quelques longueurs à l’EBS mais pas assez. Plus on se rapproche du port plus le vent faibli, on termine la manche 2ème, meilleur place de la journée, on est bien content que ce côtier ait eu lieu finalement. On rejoint le port, on range le bateau et on prend des nouvelles des autres. L’autre équipage des Gabiers a eu une journée difficile puisqu’ils ont perdu leur tangon et ont été disqualifiés d’une manche où ils ont eu un accrochage avec les Courseux de l’Edhec.

Apres cela, direction la SNQ pour l’apéro offert par l’organisation. On fait un petit arrêt à la plage où la séance photo est de rigueur. Alléluia ! Il y a du Ricard a l’apéro, on est tous ou presque éteint. Une fois assis, on ne bouge plus en finissant nos verres. A noter qu’Amélie s’enfile deux Ricard alors qu’elle dit ne pas aimer ça, ensuite elle m’avoue ne pas aimer non plus la bière alors qu’elle prend toujours des pintes à l’Avant-Seine. Bref, ça glandouille pas mal. Ensuite, direction l’hébergement et la douche ! On part dîner vers huit heures dans un resto assez classe comparé aux salles municipales des autres CFE. Le dîner commence calmement, avant que les chants ne s’élèvent dans la salle. L’ESIEA est très en forme ainsi que l’ESTP. Les Courseux enchaînent, l’ISC également. D’ailleurs, on peut faire remarquer que l’ISC à un sale esprit lorsqu’il chante « nous on est pété de thune » pour répondre à notre cri de détresse « on n’a pas d’argent pour l’EDHEC». Bref, no comment. Certains nous font remarquer que l’on n’entend pas beaucoup Paris 1, c’est vrai mais on va se rattraper vous allez voir. Un dernier hommage à Brice est rendu pour sa dernière CFE. Matthieu montre son cul alors que le président du club voile de l’ISC montre sa b… demandez à Amélie, elle était à coté, c’était très élégant ! Le dîner terminé, direction La Rhumerie où on était la veille. Le Traffic bat ses records de passagers avec 16 ! Arrivés là-bas, Paris 1 investit le bar pour un bon moment, alors que l’ISC curieusement part se coucher de bonne heure... On ne nous a pas beaucoup entendu au resto mais La Rhumerie nous a entendus elle ! Les pichets de planteur commencent à s’enchaîner. Et c’est là que l’esprit associatif et collectif des Gabiers prend toute son ampleur. La Prés paie son pichet, OLE ! ! ! Puis, plusieurs Gabiers payent le leur, incroyable ! Au bout de 4 ou 5, Benoît se ballade autour de nous avec un verre servant de collecte pour le planteur. Tous mettons la main au porte monnaie et l’effet de l’alcool commence sérieusement à se faire sentir. La Prés est bien à l’ouest, Charlie fidèle à lui-même est au top et a trouvé chez Benjamin et Seb des compagnons de « Bonzai ». Lionel ne veut pas décrocher du bar, moi non plus mais on se décide tout de même à rentrer. Il n’est qu’une heure du mat’, on n’est pas fatigué ; on retourne à l’hébergement qui va se souvenir également des Gabiers. On arrive en fanfare dans les chambres où quelques uns d’entre nous sont déjà couchés. Il s’en suit un délire avec le tangon ressuscité qui trône dans la chambre de Marc, Paul, Seb et Benjamin. Charlie a décidé de faire chier son monde : il prend le matelas de Benjamin qu’il balance par la fenêtre ! Très pratique pour aller le chercher, je descends avec Caro pendant que Lionel récupère le drap qui est resté accroché sur le toit ! Et là, on tombe sur la propriétaire de l’hôtel en face de l’hébergement. Elle engueule Matthieu de l’Edhec parce que c’est un peu trop le boxon. Matthieu nous confiera après coup qu’il nous avait mis côté rue car d’habitude à Paris 1, on était calme. On retourne aux chambres, j’évite à Charlie de balancer un deuxième matelas par la fenêtre et on va se coucher non sans mal. Là, on remarque que notre super Prés est en train de tchacher avec un courseux. Et évidemment, quand la chef dragouille, tout le monde se sent concerné. A 3 ou 4, on va quand même vérifier qu’il ne se passe rien de choquant. Même si Caro dit qu’elle ne faisait que discuter, elle était quand même sous un préau et bien proche du courseux (me rappelle plus son prénom). Alors quoi qu’elle dise, on peut s’imaginer des choses, parce qu’il n’y a pas besoin de se cacher pour discuter surtout après une soirée bien arrosée à 2 heures du mat’... Enfin vous en pensez ce que vous voulez… Au bout d’une demi-heure, tout le monde se couche après que Charlie ait fait 3 ou 4 fois le tour des chambres.

Dimanche matin, lever 7h : très très dur ! Caro et Amélie jouent aux mamans en venant toutes les cinq minutes pour nous secouer les puces. Petite douche et direction la SNQ pour le traditionnel p’tit dej. Le lancement des régates est retardé pour cause de météo, on reste donc en stand-by pendant une bonne demi-heure. Du port, on voit que ça bouge pas mal dehors et on se dit que le comité ne va envoyer qu’une manche ou deux. Bref, le départ est lancé, tous les bateaux sortent du port les uns à la suite des autres. Avec le vent qu’il y a, tout le monde est OK pour envoyer l’ORC, on n’hésite pas une seconde. Le départ de la première manche est très vite donné. On part bien placé derrière l’EBS, comme d’hab’. Le problème, c’est que l’EBS ne fait aucune erreur et malgré tous nos efforts, on n’arrive pas à les rattraper. On finit 2ème. La deuxième manche est envoyée direct. Le vent étant tombé on passe au génois. Juste avant de partir, l’EBS nous signale par VHF que nous avons le leur ! En fait, ils l’avaient laissé sur le ponton la veille, et comme nous sommes généralement les derniers à tout finir de ranger nous leur avons embarqué par erreur sur notre bateau. L’EBS fait alors un abordage à notre bord pour récupérer leur voile, il était moins une. Manche pas fantastique : quelques erreurs de tactiques, un bateau peut-être un peu surtoilé… On subit au près et on grignote un peu au portant avant de tout reperdre sur le dernier bord de près. On finit 4e derrière l’ESTP, l’EBS et l’ISC. Enfin arrive la troisième manche ! On est tous un peu naze mais les conditions sont tellement bonnes qu’on est bien heureux que le comité renvoie une dernière régate. Le vent ayant reforci, on passe à l’Inter (une voile d’avant par manche, on ne se ménage pas (les n°1 râlent un peu quand même) et on s’en félicitera au final !). Le départ est très mouvementé. Nous sommes placés juste derrière l’ISC et l’EBS qui bataillent ferme à l’approche de la ligne de départ. L’EBS passe très près du comité, enfermé par l’ISC de l’autre coté. Ceux-ci lofent au maximum pour « fermer la porte » à l’EBS qui doit lofer et donc repartir derrière le comité car ils n’ont pas la place de passer. En théorie, c’est vrai, mais comme toujours la pratique diffère. L’EBS trop habitué à sa nouvelle place de premier refuse de lofer et abat même un peu. Les deux bateaux se touchent, l’ISC porte réclamation. Pendant ce temps-là, nous passons la ligne de départ tranquillement en prenant un bon cap et une vitesse très correcte. Durant cet incident, l’EBS et l’ISC y perdent leurs plumes ! Nous nous retrouvons au coude à coude avec eux et l’ESTP. Alors, sans savoir pourquoi, l’EBS enchaîne deux virements de bords tout pourris comme s’ils avaient un problème. Du coup, le classement se trouve complètement chamboulé. Nous sommes premiers avec l’ESTP, l’ISC et l’EBS derrière. Durant toute la régate, nous avons enchaîné les bonnes manœuvres et les bons choix tactiques. On arrive parfaitement sur les bouées, sans tirer de bord supplémentaire, tout est nickel. On garde notre avance sur nos poursuivants et on franchit la ligne en première position ! ! ! Enfin, on l’a fait. On en parlait, c’était un objectif, on a gagné une manche, la dernière de la Coupe, comme un pied de nez à nos détracteurs, tout le monde est super content. On finit la finale par une victoire, on assure le podium, il fait beau, il y a eu du vent parfait, bref, un bouquet final superbe !

Le retour au port est évidemment très joyeux, on range le bateau, on parle un peu avec les autres équipages. Ca sent la fin de la CFE, c’est un peu triste mais quel week-end de fou. Retour à la SNQ, puis à l’hébergement pour le début du compte à rebours et du marathon en vue du retour à Paris. Douche, sac, les jumelles en retard, tout est normal. Amélie et Adrien ramènent les voitures à la Trinité pendant que les autres convoient les bateaux. Le convoyage est très agréable, personne n’a envie de bosser sur le bateau, juste d’apprécier la traversée. Notre canard en paille (cadeau de podium) quitte le navire et s’en va rejoindre les flots pendant que les bouteilles de vin se vident. Arrivée à la Trinité, branle bas de combat pour faire l’inventaire pendant que les premiers nous quittent. Le camion est le dernier à partir. On arrive à Paris vers 1h du mat’ le temps de raccompagner tout le monde, je me coucherais à 3h, tellement crevé mais tellement heureux. Merci les Gabiers.

 

15-16 mars, Port Haliguen Equipage "Gabiers de Paris 1"

Vendredi 14 Mars. 15h30, Paris, porte de La Villette... six Gabiers motivés et réjouis à l'idée de passer un nouveau week-end à régater en communauté! "Ah bon? Ils sont déjà là-bas les autres?" "Ils convoient". "Y'a du vent de prévu pour ce week-end?" "Toi, toi j't'ai déjà vu à la fac!" Et c'est le départ!!! Tada!!! Dans un superbe camion loué pour l'occasion qui sera conduit de main de maître par "grand-daddy" Seb jusqu'à Port Haliguen. De douces conversations, quelques fous-rires et de brefs passages sur France Culture ("Je... je... je ne peux résister à vous faire écouter la suite de ma composition!!!" "C'est... un petit quelque chose que j'ai composé moi-même...") rythment le trajet jusqu'à Auray où nous récupèrons Paul après avoir englouti d'attendues crêpes... Et c'est enfin l'arrivée vers minuit à l'hébergement où nous retrouvons les autres Gabiers, certains déjà passablement éméchés à la suite du convoyage semble-t-il... mais oui, le vent ça soûle, c'est bien connu! Petit passage à la Rhumerie de Quiberon pour les derniers arrivés, c'est en quelque sorte une expédition de reconnaissance pour le lendemain... nous avons même été de consciencieux testeurs de Planteurs.

Réveil en fanfare, orchestre de portables et voix du bureau directeur de l'assoc' (Amélie et Caroline) pour nous tirer du lit... Le pire c'est que nous nous sommes plaints (en silence) toute la nuit du froid, mais quand il faut sortir de nos sacs de couchage, c'est encore plus dur!!! Mais bon, on y arrive et nous retrouvons à nouveau l'ensemble des habitués de la CFE pour un petit déj' à base de brioche-éponge! Après un court trajet rythmé par la musique des jumelles colombiennes, chacun s'en va se préparer pour la régate... tadadadadadada tadadadada... c'est quand même la finale, suspenssssss... tension..... tatatadadadada... trop pas! L'équipage "Gabiers de Paris 1" s'est organisé de la façon suivante: Benjamin à la barre, Sébastien pour la tactique, Antoine à la grand-voile, Lionel et Erika à l'embraque, Adrien au Piano et pour finir Paul et Marc sur la plage avant. Sous le signe de la mouise... Festival, nous sortons du port... pépère... hissons les voiles... pépère... "Bon, on vire?!" "Parés!"... on vire... "Heu... il est où le tangon?"... pas pépère... L'ensemble la journée se passera donc sans tangon, cet idiot ayant eu la mauvaise idée de refuser de se laisser attacher (ça c'est la version dans laquelle c'est la faute au tangon lui-même...). La course s'annonce donc sous de formidables auspices!!

Première manche. Regards éteints et quelque peu découragés (et honteux pour certains), nous prenons le départ de cette finale de la Coupe de France des Etudiants. Nous ramons comme pas possible, à notre handicap au portant s'ajoute en plus des errreurs d'estimation du courant qui nous coûtent (et nous coûterons de nombreuses autres fois) les quelques chances que nous avions... Nous finissons à la dixième place, c'est-à-dire derniers puisque nous arrivons juste devant l'ISC Filles qui est hors-course.

Seconde manche. Même scénario, sauf que nous sommes cette fois devant l'EMIA et à la lutte avec les Courseux de l'Edhec à l'approche de la ligne d'arrivée. A la bouée sous le vent nous prenons le meilleur sur nos concurrents directs avec qui nous avons navigué à touche-touche pendant tout le bord de portant. Nous commençons à loffer en leur laissant quelques mètres pour passer la bouée... et arriva ce qui devait arriver, ils (les "méchants" pour le coup) empannent très violemment et leur écoute de grand-voile se coince dans notre balcon arrière! Regards angoissés, panique sur l'aure bateau, incompréhension... le balcon est littéralement arraché par la puissance des bateaux qui s'écartent! Pour la petite histoire, nous serons disqualifiés par le comité de course sur cette manche... mais ça à la limite c'est le cadet de nos soucis.

Troisième manche... où il est à nouveau question de spi. Même topo pour cette manche, mais nous décidons de faire les "tangons humains" sur les bords de portant... nous finisson à une peu palpitante huitième place, mais c'est déjà pas mal.

Quatrième manche. Un long parcours côtier... charmant! Car il faut aussi ajouter que même au près notre bateau n'avance pas super bien, la faute à nos réglages peu pertinents? Non... Au bateau? Oui, sûrement! Autant dire qu'à l'abord des bords de portant nous sommes bien à la ramasse... et comme faire les "tangons humains" ça fatigue, nous amurons le spi et en avant! Rien d'extraordinnaire ne se produit, nous finissons bienà la traîne, mais devant l'EMIA et l'ISC Filles.

En rentrant au port nous apprenons les bons résultats de l'équipage quasi-féminin de Paris 1, ça fait plaisir! Sous les gentils sourire de nos petits camarades nous narrons nos aventures... "Mais comment t'as fait pour pommer le tangon?!?!" Nous constatons que le génois commence à se déchirer et devons aller en caisse jusqu'à La Trinité pour le faire réparer, nous y récupérons aussi un tangon soit-disant neuf chez le loueur. Pendant ce temps là nos petits camarades gambadent gaiement sur la plage... c'est mérité! Le dernier de la CFE 2003 sera inhabituel surtout de par son cadre: le resto d'un hôtel un peu chicos. Mettez là-dedans une centaine d'étudiants classiques... à côté de clients tout ce qu'il y a de plus calme et de plus âgés pour certains. Bon, à part ça on signalera le mémorable chant qui jailli tout à coup du coeur de l'ensemble des participants aux week-ends CFE: "On entend trop sur l'eau les Filles à Bord, on entend trop sur l'eau..." Ainsi que l'aimable complainte d'auto-satisfaction émise par l'ensemble de l'ISC: "On a trop d'argent, on a trop d'argent..." No comment... Un peu d'émotion quand même car c'était le dernier dîner de ces CFE et que leur organisateur principal, Brice de l'Edhec, passait la main à son fillot... ça promet! Pratiquement tous les équipages se sont retrouvés à la Rhumerie, sans doute le plus petit local disponible dans le coin, pour se payer nombre de pichet de Planteur. Ambiance et délires au rendez-vous, beaucoup de bruit et beaucoup de rire!

Une nouvelle fois frigorifiés au réveil; les Gabiers sont néanmoins tous de bonne humeur et nous retrouvons vite l'ensemble des équipages pour un petit déjeuner dans l'attente d'un départ sur l'eau que le comité hésite à lancer. L'appareillage se révèle quelque peu laborieux pour nous. Nous y mettons le temps, mais nous ne toucherons aucun autre bateau au final! Une fois sur le plan d'eau nous sommes tous résolus à en foutre un bon coup, histoire de se faire plaisir et d'oublier les grosses mésaventures de la veille! C'est parti pour les trois dernières manches de la CFE 2003!

Piou... la journée commence en fanfare pour nous puisque nous prenons un bon départ, derrière tout le monde, mais très près du bateau comité. Ce premier bord est plein d'émotion, nous obligeons en effet pas moins de cinq concurrents qui se trouvaient bâbord amure à virer et passons en quatrième position à la bouée au vent... juste derrière le bateau des filles! C'est la fête! Mais il devait être écrit quelque part que rien ne devait nous sourire... au moment de hisser le spi nous réalisons qu'une des mâchoires du tangon a sauté. Verts de rage nous maintiendrons le tangon à la main, tant bien que mal et avec la crainte que la puissance d'Eole ne nous le déboîte dans la gueule... Nous finissons la manche à la sixième place. Nous terminons cette journée par une neuvième et une huitième place.

... mais y a encore du boulot! Remise des prix générale. Au final nous sommes neuvième sur ce week-end et au général, malgré notre place de septième obtenue lors des qualifications! Le convoyage sera des plus agréables, chacun pouvant se faire un peu plaisir à la barre... le soleil baisse doucement sur l'horizon alors que nous savourons ces moments de calme, la tête pleine de souvenirs et d'idées... Les formalités avec le loueur seront longues et bien plus pénibles. Ceux qui voyagent en camion seront les derniers à partir. Après de nombreuses heures de route, nous touchons Paris entre 2 et 3 heures du mat'. Le camion se vide petit à petit et laisse chacun seul... le retour sur terre sera dur, à n'en pas douter...

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